BrisChri

Plume

Chantons sous la pluie

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bonjour !
Dimanche, déjà ! Alors, cette semaine, je vous propose un mot comme ça :
plume

Bonne inspiration,
À bientôt.

Mardi. Vingt heures.
Un gsm sonne. Mon gsm. Ou, plus exactement le gsm de service que le ministère me paye. Vu l'heure tardive, doit y avoir un gros problème.
- « Christian ? Sais-tu passer par Nivelles demain ? On me parle d'inondations au nouveau Palais. »
Je connais le nouveau Palais de Justice. Un bâtiment moderne, inauguré en 2001. Sur un bosse.
- « Des inondations ? Ça me semble peu probable. »
- « Il y a eu des grêlons, puis la pluie. C'est le deuxième étage qui a des problèmes. »

Mercredi. Huit heures trente.
Lorsque nous arrivons, le concierge et moi-même, au deuxième étage, le silence est impressionnant. Ceux qui ont oublié que les PC sont bruyant n'ont, pour s'en rappeler, qu'à les arrêter. Ils comprendront.

La grêle est tombée. Quinze minutes, pas plus. La pente du toit a ramené les grêlons dans les corniches où ils ont pris en bloc. Les gouttières ont gelé. La pluie qui a suivi n'a pas trouvé d'exutoire: le niveau est monté, lentement mais sûrement jusqu'à un niveau non prévu par l'architecte. Prenez un gros livre à la couverture solide, ouvrez-le au milieu : vous aurez une idée de la forme du toit du Palais, une partie arrondie, une partie quasiment plate. L'eau est montée d'un trentaine de centimètres, elle s'est étendue sur un ou deux mètres. Jusqu'à un trou. Par où elle s'est engouffrée. Plusieurs centaines de litres d'eau à l'étage technique, inoccupé, puis, par des perforations dans le béton, plusieurs centaines de litres au deuxième étage. Dans les faux-plafonds. Vous l'aurez compris, l'eau n'a pas voulu rester où elle était. Les joints des dalles de plafonds ne sont pas des passoires mais ne sont pas étanches non plus. Il a plu dans les bureaux. Chaque dalle est devenue une douche. Pas dans un bureau, mais dans quatre ou cinq. Si les gens ont résisté, le matériel a lâché. PC et imprimantes n'ont pas eu le temps d'apprendre à nager. Il faudra les remplacer. Les parquets n'ont pas résisté. Un bureau surtout est trempé. L'eau a tout envahi, les armoires doivent être ouvertes pour en laisser sécher le contenu. Ce qui en reste. Le substitut qui occupe le bureau est très vieille France, il n'a pas confiance en ces machines que le ministère lui impose, il préfère, et de loin, la méthode qui a fait ses preuves : le dossier papier. Lorsque je regarde un dossier dans l'armoire, je me dis qu'il a eu tort. Le papier est imbibé d'eau, d'une eau bleue comme celle d'un lagon, un bleu qui ressemble furieusement à de l'encre délavée. Monsieur le Substitut écrit encore au stylo-plume réservoir…