La Blonde et la Brune.

"Alors, comment ça c'est terminé vendredi?"
La serveuse, la Brune, regarde le client, sans trop comprendre.
- "Ben oui, ta collègue, la Blonde, elle avait l'air en forme"
- "Ah! Elle!"
Le ton est bizarre, inhabituel.
- "Pour être en forme, elle était en forme! Je me suis demandé si elle n'est pas pour les femmes!"
- "A ce point là. J'ai raté quelque chose."
- "Tu rigoles, toi, mais moi… c'est une collègue. Il faudra encore que je travaille avec elle!"
- "Ne t'en fais donc pas. Je ne crois pas qu'elle soit pour les femmes. Je crois qu'elle est, comme on dit en anglais 'bi-curious'."
- "Bi quoi?"
- "'Bi-curious'! Ca veut dire qu'elle est pour les hommes, mais qu'elle aimerait connaître les sensations… avec une femme."
- "Curiosité mal placée, ça ne m'intéresse pas."
La phrase est dite avec tant de sérieux, que le client ne peut s'empêcher de sourire.
- "La balle est dans ton camps."
- "Quoi?"
- "Ben oui, si jamais tu changes d'avis, si tu veux savoir ce que c'est que faire l'amour à une femme, si elle est en forme, tu auras une chance. Une seule fois. Si tu refuses, ce sera définitif."
Pourquoi le client a-t-il dit ça, il n'en sait rien. Après tout, il n'est client de ce bistrot que depuis peu. Et il n'est pas spécialiste de la question. Ni de la chose.


Le lundi est, traditionnellement jour calme.
Aujourd'hui, lundi de congé scolaire, est un jour très calme.
La Blonde est seule dans la salle du café. Elle s'ennuye. Assise au bout du comptoir, elle se demande ce qu'elle pourrait faire pour s'occuper. Elle pense alors au 'Trajet en Métro', une nouvelle libertine qu'elle a lue. Qu'elle a dans son sac.
Elle la prend, se réinstalle sur le tabouret, le dos vers l'entrée.
Et se met à lire.
Et se met à rêver.
Sans réfléchir, elle se lève, ote son slip qu'elle met dans son sac, se réinstalle, se remet à lire.
En ne tenant la feuille que d'une main.


Le lundi est, traditionnellement jour calme.
Aujourd'hui, lundi de congé scolaire, est un jour très calme.
La Brune est seule dans la galerie marchande. Elle s'ennuye. Passant près du bistrot, elle se demande si elle va entrer.


Dans le miroir qui lui fait face, la Blonde voit sa collègue devant la porte.
Porte qui s'ouvre sans bruit.
La Brune entre, la Blonde attend. La Blonde l'attend.
- "Bonjour" dit la Brune.
La Blonde dépose le texte, prend des deux mains le visage de sa collègue, lui fait la bise sur la joue. Puis une deuxième, plus soutenue, plus proche de la bouche.
La Brune prend les mains de sa collègue. Va pour les tirer, puis se souvient de ce qu'a dit le client:
"La balle est dans ton camps."
Elle n'a pas vraiment envie. Mais la douceur des baisers de la Blonde, ces baisers de plus en plus précis, la fait fondre. Elle lache les mains de sa collègue, la prend par les joues, la regarde. Et l'embrasse. Baiser long, profond. Du genre de ceux qu'on ne se donne pas entre collègues.


La Blonde est étonnée de la réaction de sa collègue. Agréablement étonnée. Lachant le visage de la Brune, elle lui prend les mains. Mains qu'elle fait descendre le long de son corps. Lentement. Avec douceur. Jusqu'à ce que les mains soient entre ses jambes. C'est là qu'elle les libère.
Collègue qui n'hésite plus. Ecarte les jambes de la Blonde, remonte la robe de la Blonde.
Et descend sa tête.
Jusqu'au sexe de sa collègue.
Sexe qu'elle embrasse.
Sa 'collègue'? Non, 'Son Amie'.